L’Historiographie coloniale à Taiwan et en Corée du temps de l'empire japonais (1890-1940) (I)
Directeur de recherche

(CNRS - Institut d'Asie Orientale – IAO – UMR 5062)

Les sociétés coloniales contemporaines, entre le milieu du 19e et le milieu du 20e siècles, furent l’objet d’enquêtes en sciences humaines et sociales à propos de leurs langues et cultures ou de leur histoire. Il en fut de même au sein de l’empire colonial japonais constitué entre 1895 et 1914, dont Taiwan et la Corée constituaient les deux pièces maîtresses, et qui comprenait aussi Sakhaline Sud et le Liaodong (1905) ainsi que la Micronésie (1914). La colonisation de Taiwan en particulier marqua le commencement d’une pratique d’enquêtes institutionnalisées portant sur les « anciennes coutumes » et visant à élaborer un droit colonial, ainsi qu’en anthropologie et, de façon parallèle à la Corée, en histoire.

carte de l’Empire du Grand Japon en 1945, dressée par The National Geographic Magazine

Carte de l’Empire du Grand Japon et de ses possessions en 1945, The National Geographic Magazine.

En effet, une velléité de contrôle du passé s’imposa en amont de la colonisation en Corée où ces travaux jouèrent un rôle central en associant œuvres historienne et archéologique. Ce fut différent à Taiwan où les travaux historiens se désintéressèrent de la société taiwanaise proprement dite qui fut considérée comme « préhistorique » dans sa dimension austronésienne et « transplantée » dans sa dimension chinoise, pour n’étudier que l’histoire de sa domination néerlandaise (1624-1662) et espagnole (1626-1642), puis par Koxinga et ensuite par les Mandchous à partir de la fin du 17e siècle.

La présente contribution traitera de ces « politiques du passé » c’est-à-dire des dispositifs coloniaux savants en histoire dans ces deux territoires japonais entre 1895 et 1945. Semblablement aux autres puissances coloniales telle la France en Méditerranée ou notamment en Indochine, ce sont les Japonais qui définirent quels objets historiques ou culturels étaient importants à Taiwan et en Corée, quels objets ne l’étaient pas. Jusqu’alors, l’histoire pratiquée par les différentes dynasties de Corée se souciait de « clore » la dynastie précédente (compilation du Samguk sagi par Koryŏ au 12e siècle ; du Koryŏsa par Chosŏn au 15e siècle) et considérait essentiellement que celle-ci constituait « un pays différent » ; chaque dynastie se préoccupait de ses annales royales. C’est l’historiographie coloniale qui mit fin à ce type d’histoires segmentées pour poser les fondations d’un récit historique national, c’est-à-dire une histoire linéaire et continue dont l’acteur était un peuple ethniquement définissable.

L’histoire des dispositifs savants japonais dans les colonies en général (y compris à propos des dispositifs d’enseignement), et celle de la recherche en sciences humaines et sociales en particulier ont été l’objet de nombreuses études en japonais, coréen et chinois (Taiwan), quelque peu en anglais. L’on est obligé, outre la documentation primaire, de s’appuyer sur l’ensemble de cette historiographie. Or, pour ce qui est de l’historiographie coloniale, ces travaux universitaires sont presque tous des études de détail concernant telle institution donnée au sein d’une seule colonie, et non l’organisation d’une intelligence globale à l’échelle de l’empire colonial1 . Qui plus est, aucun chercheur n’a à notre connaissance abordé la question du corpus global de l’historiographie coloniale à l’échelle de l’empire2 . Et les rares travaux comparatifs3 n’abordent que des éléments limités. Pourtant les deux décennies 1910 et 1920 virent, sous l’impulsion de la Corée, une vague de créations institutionnelles en sciences dures (notamment l’Académie Centrale à Taiwan en 1921) et en sciences humaines. Pour ces secondes en rapport avec les politiques du passé : le Musée (d’histoire et archéologie) du Gouvernement-général de Corée en 1915, la Commission pour l’étude des vestiges anciens de Corée en 1916, la Commission pour la compilation de l’histoire de la Corée en 1922 (réformée en 1925), la Commission du Gouvernement-général de Taiwan pour la compilation des matériaux historiques en 1922 (réformée en 1929), l’Université impériale de Keijō (Seoul) en 1924, enfin l’Université impériale de Taihoku (Taipei) en 1928. Les deux universités impériales des colonies accueillaient des chaires spécialisées en histoire et autres disciplines à propos de la société où elles étaient implantées.

 

Musée de Taihoku (Taipei) durant la colonisation, carte postale, photographie non datée.

Musée de Taihoku (Taipei) durant la colonisation, carte postale, photographie non datée.

Ces institutions ont été étudiées par les historiens de façon segmentée, tantôt en se limitant à la seule commission historique de Corée afin de saisir l’ensemble de l’œuvre historienne de Corée coloniale, ou en estimant que les travaux taiwanistes stricto sensu menés dans le Taiwan colonial permettraient de saisir l’historiographie coloniale taiwanaise, ou en éludant les relations entre les commissions et les universités. Or, si la formulation « historiographie coloniale » désignera ici les travaux officiels menés dans la colonie et portant sur celle-ci, cependant, le fait qu’à Taiwan en particulier les travaux ne portèrent que très partiellement sur l’île constitue évidemment une de leurs caractéristiques essentielles.

Plus important : qu’en était-il de l’historiographie coloniale à l’échelle de l’empire ? Enfin, les hommes n’étaient pas prisonniers des institutions mais furent actifs au sein de diverses sociétés savantes qui produisirent leurs propres publications, auxquelles s’ajoutent leurs ouvrages et articles publiés en métropole. Sans oublier la question parallèle des travaux résistants, qui relèvent eux aussi de l’historiographie coloniale, cette fois-ci au sens chronologique mais aussi épistémologique.

La présente contribution tentera de penser l’œuvre historique coloniale du Japon selon une perspective globalisante, c’est-à-dire en tant que dispositif impérial. Pour cela on s’appuiera sur la documentation primaire ainsi que sur une historiographie à parts égales prenant compte des résultats de la recherche publiée en japonais, coréen et chinois. Notre objectif sera de montrer que, contrairement à ce qu’ont estimé les travaux portant sur la métropole ou sur les seules colonies, il exista dans le cas du Japon colonial un travail historique faisant « système », en ce qu’il fut appliqué à l’identique à l’ensemble des sociétés colonisées. Si certains travaux ont souligné comment l’historiographie coloniale en Corée en particulier s’intégrait au sein des pratiques historiographiques japonaises de l’État moderne4 , l’empire comme totalité n’a encore jamais été analysé. De là, c’est l’ensemble de l’historiographie coloniale qu’il faut réinterroger, aussi à Taiwan, afin de la saisir non plus comme pratique périphérique mais au sein d’une totalité incorporant les pratiques métropolitaines. En effet, les universitaires japonais apportèrent aussi – en sus du discours historique – des méthodes historiographiques, dans les procédés d’analyse des documents et au travers d’une technicité archivistique bien particulière.

Salle de lecture en 1903 du Shiryō hensanjo
La façade du Shiryō hensanjo aujourd'hui

Shiryō hensanjo : salle de lecture en 1903 et façade de l’institution aujourd’hui.

En particulier, est en jeu l’articulation entre, d’une part, la constitution de « l’histoire nationale » (à propos de l’État-nation métropolitain) et notamment l’Institut d’historiographie ou Shiryō hensanjo 史料編纂所 de l’Université impériale de Tōkyō et, d’autre part, les institutions coloniales. Une étude fine de leurs personnels respectifs et des méthodologies employées montre le poids qu’eut constamment la première vis-à-vis des dernières. Dès 1868 la construction de l’État-nation japonais avait fait se poser la question de l’histoire nationale, au sens d’un grand récit linéaire d’un peuple associé à un territoire et à un État. Dès 1869 fut ainsi fondé un Bureau pour la Correction de l’Histoire Nationale (Kokushi kōsei kyoku 國史校正局)5 . Après que le projet de rédaction d’une histoire fut abandonné, cette structure est devenue en 1895 le Shiryō hensan-gakari 史料編纂掛, renommée Shiryō hensanjo en 1929 ; sa fondation est synchronique de celle des chaires d’Histoire de l’Université impériale, dont la méthodologie se situait dans le sillage de l’école chinoise des preuves et de l’historiographie positiviste allemande6 . Il fut chargé de compiler de grandes séries d’archives : depuis 1901 les séries Dai Nippon Shiryō (Sources historiques du Grand Japon) et Dai Nippon komonjo 大日本古文書 (Manuscrits anciens du Grand Japon). Dans un même temps, le nouveau régime fut confronté à partir des années 1880 à des critiques visant la légitimité de la Restauration de 1868-1869. C’est ainsi que fut mise en place en 1911, au sein du ministère de l’Instruction publique, une Commission pour la compilation de l’histoire de la Restauration Meiji (Meiji ishin shi hensan iinkai 明治維新史編纂委員), visant à la production d’une « histoire correcte » (seishi 正史) de la restauration. L’œuvre de compilation qui fut réalisée en Corée coloniale fut, avec ces deux autres, l’une des « trois grandes œuvres de compilation historique menées par le Japon moderne »7 .

On verra en première partie les travaux précoloniaux et menés hors institutions à propos de Taiwan et de la Corée, pour ensuite décrire la mise en place des deux commissions historiques. Dans une troisième partie seront décrites les chaires d’histoire des deux universités impériales des colonies, fondées durant l’entre-deux-guerres.

1. Les premières études en « histoire coloniale » (1892-1912)

Histoire de la colonisation à Taiwan Vs Philologie sinologique en Corée

une bataille de la guerre sino-japonaise, estampe, Yōshū Chikanobu, 1894.

 Une bataille de la guerre sino-japonaise, estampe, Yōshū Chikanobu, 1894.

Au moment où « l’histoire nationale » était organisée en métropole, dans les décennies 1880-1890, la guerre sino-japonaise de 1894-1895 vit à la fois la naissance de la coréanologie japonaise ainsi que le début de l’historiographie portant spécifiquement sur Taiwan. Les deux universités impériales de Tōkyō et Kyōto (fondées en 1877 et 1897) jouèrent ici, en amont de la colonisation, un rôle central8 . Ces courants d’étude sont indissociables de la naissance des études orientalistes universitaires autour des deux figures historiennes de Shiratori Kurakichi 白鳥庫吉 (1865-1942) et de Naitō Konan 内藤湖南 (1866-1934), ainsi que d’une fièvre pour l’histoire ancienne de la Corée et pour celle des relations « nippo-coréennes » à cette période après la découverte en 1884 de la stèle du roi Kwanggaet’o, de Koguryŏ, censée démontrer l’ancienne domination de l’Archipel sur la Péninsule9 . C’est à ce moment que l’université japonaise opéra une séparation fondatrice entre « histoire nationale » et « histoire orientale », afin de fonder la première mais aussi pour se créer un « orient » colonisable10 . Notons succinctement qu’alors que la Revue Historique (Shigaku zasshi 史學雜誌) publiait, durant la première moitié des années 90, de nombreuses contributions en histoire coréenne ancienne11 , le sinologue Hayashi Taisuke林泰輔 (1854-1922), professeur à l’ENS de Tōkyō12 , publiait dès 1892 la première histoire linéaire de la Corée. Son opus Histoire de la Corée (Chōsen shi 朝鮮史 ; la version finale parue en 1912, Histoire complète de la Corée, Chōsen tsūshi 朝鮮通史, fut rééditée de façon continue jusqu’en 194413 ), précédait les résultats de l’investigation coloniale et en détermina en amont les biais. Pour la première fois, l’histoire péninsulaire (appelée d’un bloc par le mot Chōsen) était sérialisée et saisie comme continuement « coréenne ». Elle était affirmée comme l’histoire « d’un seul pays ». Comme déjà noté, les textes antérieurs étaient des histoires dynastiques, ou bien se limitaient à compiler et clore l’histoire de la dynastie précédente.

Gare ferroviaire de Taichū (Taizhong), bâtiment de 1917

Gare ferroviaire de Taichū (Taizhong), bâtiment de 1917.

 À Taiwan, les travaux historiques débutèrent dès les lendemains de la colonisation de l’île, « pacifiée » à l’automne 1895. On peut d’emblée noter que les « savoirs du passé » s’y distinguèrent par un mépris pour l’étude de la société taiwanaise Han : en effet, un partage des tâches y exista continûment entre les anthropologues chargés d’étudier les « ethnies » aborigènes – seuls vrais Taiwanais – saisies au sein d’un continuum reliant passé préhistorique et présent archaïque, et les historiens qui étudièrent l’histoire des dominations coloniales successives sur l’île, moments considérés être les « débuts de son histoire » ; seuls les juristes étudièrent la dimension « chinoise » de l’île dans le but de saisir les modes d’administration du temps des Qing aux 18e et 19e siècles. Ainsi le travail historien mené à propos de Taiwan durant la colonisation ne concerna-t-il pas l’histoire de l’île proprement dite mais plutôt celle des politiques coloniales (hollandaises, espagnoles, japonaises). Ce type de travaux n’est absolument pas spécifique du Japon à Taiwan mais se retrouve très largement chez les autres puissances coloniales, comme le montrent les études françaises en « histoire de l’Afrique » menées avant 1962 ou par exemple les travaux de Charles-André Julien (1891-1991) sur « les techniciens de la colonisation » ou sur « l’aventure coloniale »14 .

Des chercheurs envoyés depuis la métropole dans le sillage des enquêtes anthropologiques furent les premiers à rédiger des histoires de l’île, en faisant se croiser les deux disciplines et avec des biais récurrents. Il s’agit d’abord de l’historien et ethnographe Inō Kanori 伊能嘉矩 (1867-1925). D’abord chargé, aux côtés de l’anthropologue et archéologue Torii Ryūzō 鳥居龍藏 (1870-1953)15 , de classer les aborigènes, Inō fut nommé au sein de l’administration taiwanaise dès novembre 189516 et y resta jusqu’en 1906. Au même moment, un jeune étudiant en histoire à l’Université impériale de Tōkyō, Murakami Naojirō 村上直次郎 (1868-1966), venait lui aussi pour la première fois à Taiwan en 1896 en mission pour le ministère des Colonies17 , avant d’intégrer le Shiryō hensanjo en 189818 . Lui aussi mêla d’emblée anthropologie et histoire, en débutant une étude des « manuscrits de Sinckan » (Xingang wenshu 新港文書) afin d’approcher la politique aborigène des Hollandais au 17e siècle19 .

école pour les enfants aborigènes (circa 1930)

École pour les enfants aborigènes à Taiwan (circa 1930).

Aborigènes de Taiwan

Aborigènes de Taiwan. 

Tout en avançant ses classifications raciales, Inō produisit en 1902 le texte Chroniques de Taiwan (Taiwan shi 臺灣志). Cet ouvrage historique fut suivi en 1904 par ses Chroniques des politiques conduites à l’encontre des sauvages (Taiwan bansei shi 臺灣蕃政志), puis l’année suivante par son Histoire des dix années depuis notre prise de possession de Taiwan (Ryōtai jūnen shi 臺十年史)20 . Lisant parfaitement le chinois, Inō s’appuya sur la documentation administrative Qing pour proposer une histoire alternative qui puisse être opposée à l’histoire officielle chinoise antérieure. Les textes chinois furent considérés par lui comme des histoires édifiantes fondées sur des préjugés politiques. Les savants coloniaux devaient proposer de vrais « travaux scientifiques ». Cette rhétorique légitimant le pouvoir par le savoir, et vice-versa, fut aussi très présente en Corée coloniale en amont et aux débuts de la colonisation, tandis que des travaux plus universitaires mais conservant les mêmes biais suivraient à Taiwan comme en Corée durant l’entre-deux-guerres.

Dans l’introduction de ses Taiwan shi (Chroniques de Taiwan), Inō de critiquer comme suit les textes mandchous qui l’avaient précédé :

Le contenu de l’ensemble de la documentation géographique ou historique disponible, qui constitue un corpus d’un volume assez conséquent, est d’une faible valeur scientifique. Notamment, les textes rédigés par les Chinois [Shinajin 支那人] se sont essentiellement efforcés d’exprimer leurs propres points de vue en jouant sur les mots et en anéantissant la réalité, et ils constituent même dans le pire de cas des visions dont le seul objectif est l’édification des générations futures quant à la grandeur du pays. Ces textes n’ont pas hésité à subjuguer la plume, afin d’effacer la vérité au profit de la fiction21 .

Malgré de telles professions de foi, l’historiographie coloniale japonaise ne considéra jamais Taiwan proprement dit. En outre, ces premiers ouvrages du début du siècle mirent en place plusieurs concepts qui devinrent ensuite récurrents au sein de l’historiographie japonaise à Taiwan : l’idée de transplantation (ishoku 移植) ethnico-culturelle dans l’île, et celle de commencement de l’Histoire grâce à la domination coloniale – européenne puis sino-japonaise. Un semblable propos peut être repéré dans l’ouvrage métropolitain de 1905 de l’essayiste Takekoshi Yosaburō 竹越與三郎 (1865-1950) Taiwan tōchi shi 臺灣統治志 traduit en anglais dès 1907 sous le titre Japanese Rule in Formosa, qui traite du même sujet que l’ouvrage de 1905 d’Inō.

Déplaçons-nous vers l’Empire de la grande Corée autour de 1900. De nombreux historiens japonais « privés » s’installaient à la capitale Hansŏng (Seoul) pour y étudier l’histoire de la péninsule, selon deux axes : archivistique et philologie sur des documents de langue chinoise. S’y ajoutera ensuite une dimension compilatoire durant la période coloniale. Parmi ceux-ci, le célèbre historien orientaliste Shidehara Taira 幣原坦 (1870-1953) et l’historien Ayukai Fusanoshin 鮎貝房之進 (1864-1946) fondèrent en 1902 le Groupe de recherche sur la Corée (Kankoku kenkyūkai 韓國研究會).

Shidehara Taira

SHIDEHARA Taira.

Professeur à l’ENS de Tōkyō et docteur à l’Université impériale de Tōkyō, Shidehara allait occuper d’importantes fonctions lors de la période coloniale et devenir en 1928 le premier président de l’Université impériale de Taihoku (Taipei). Cette société rassembla des sources et documents anciens, rédigés en chinois classique. La vision développée dans leur publication Kankoku kenkyūkai danwaroku 韓國研究談話 (Minutes des discussions du Groupe de recherche sur la Corée) témoignait d’idées déjà formulées en métropole autour de la guerre sino-japonaise. Ainsi la Corée n’existerait pas en soi mais uniquement grâce à ses voisins, idée formulée avec le mot taritsu 他律 (nature altéro-référentielle, le fait d’être déterminé par l’extérieur). Classiquement, l’historiographie coloniale considéra la colonisation chinoise durant les Han antérieurs comme le début de l’histoire coréenne. Et l’histoire elle-même de la péninsule correspondait à une longue stagnation, idée formulée avec le mot teitai 停滯.

Il suffit d’ouvrir une carte pour saisir la place qu’occupent les relations internationales pour la Corée. Les principaux faits de l’histoire coréenne [kanshi 韓史] sont intégralement constitués par les relations avec l’étranger, qui occupent un grande part de ses textes historiques et permettent d’en démêler l’histoire. Que l’on retire les relations avec l’étranger, et l’histoire de la Corée ne sera qu’un long propos sec et ennuyeux à propos d’un [pays] sans changement, histoire ne présentant nul intérêt à être lue, où seuls figureront des commentaires sans fin sur la bonté des rois, des histoires de ministres ou de fonctionnaires provinciaux dérobant le peuple, des suites sans fin de commentaires interchangeables à propos des confucéens ceci ou cela, de tel poète “habile” ou de tel écrivain “à la belle plume”, des descriptions d’intronisations ou disparitions des rois, de fêtes, de mariages et de décès…22

Après l’instauration du protectorat japonais sur l’Empire de la grande Corée (1905-1910), Ayukai, Oda Shōgo 小田省吾 (1871-1953) et Kawai Hirotami 河合弘民 (1874-1918)23 , fondèrent en 1909 la structure éditoriale privée Chōsen kosho kankō-kai 朝鮮古書刊行會 (Société pour l’édition d’ouvrages coréens anciens), qui réédita plusieurs dizaines d’ouvrages coréens des 17e et 18e siècles, et produisit une édition en caractères d’imprimerie du Samguk sagi 三國史記 (Chroniques des Trois Royaumes, 12e siècle) (à la suite d’une édition produite en 1904 à Tōkyō)24 . L’autre compilation historique clef de la Corée du temps de Koryŏ, le Samguk yusa 三國遺事 (Faits mémorables des Trois Royaumes, 13e siècle), fut rééditée en 1921 à Kyōto, puis en 1928 en Corée sous la supervision de l’historien Imanishi Ryū 西龍. C’est dans le contexte de la Corée annexée au Japon en 1910 que la société Chōsen kosho kankō-kai publia en 1911 la bibliographie thématique Chōsen kosho mokuroku 朝鮮古書目錄, c’est-à-dire Bibliographie des ouvrages anciens de Corée25 en 245 pages. Présentée comme la première bibliographie sur la documentation historique et sociale de la Corée, elle estimait à quelque 3 000 publications les ouvrages coréens dignes d’intérêt, dont quelque 2 500 encore existants. L’enjeu de ce type de bibliographie, tout comme la rédaction de l’histoire de Corée, était essentiels pour la puissance étrangère : affirmer sa supériorité savante vis-à-vis d’un pays jugé incapable de mener lui-même l’écriture de son passé. Le Japon avait pris tôt conscience de ce risque vis-à-vis de l’Occident26 et il appliquait maintenant la même logique à la Corée.

Exactement la même année 1912 qu’était publiée l’édition définitive de l’ouvrage Histoire générale de la Corée (Chōsen tsūshi - zen) de Hayashi Taisuke, Taiwan voyait avec un synchronisme parfait la publication d’un ouvrage général sur la colonie : Les politiques coloniales à Taiwan (Taiwan shokumin seisaku 臺灣殖民政策). Son auteur Mochiji Rokusaburō 持地六三郎 (1867-1923) était un fonctionnaire colonial de premier plan : directeur du Bureau des affaires sociales et éducatives depuis 1906 et Conseiller (sanjikan 參事官) du gouverneur27 . Quoique plus large que le travail d’Inō, cet opus mêlant histoire, géographie et bilan politique restait lui aussi concentré sur le pouvoir japonais et il montrait ainsi l’étroitesse des historiens de Taiwan en comparaison de ceux de Corée28 .

Histoire coloniale et histoire nationale

La notion prémoderne de seishi 正史 en japonais (lu zhengshi en chinois, chŏngsa en coréen) évoquée en introduction renvoie à l’idée d’histoire officielle ou d’histoire correcte du point de vue étatique. Cette notion avait naguère une place centrale dans le topos est-asiatique au sein d’une conception du passé selon laquelle celui-ci était « clos » par la dynastie suivante. Si le mot lui-même a été largement employé durant le premier 20e siècle, qui est l’objet de la présente contribution, son usage fut cependant différent au sein de la modernité maintenant nationale où il fut l’objet d’un phénomène d’appropriation dans un autre objectif. Corée annexée et Taiwan devenus deux parties de l’empire du Japon au sens large, l’idée de seishi appliquée à ces territoires renvoyait maintenant à une « histoire des vainqueurs ».

KUROITA Katsumi

KUROITA Katsumi (image tirée d'une affiche de colloque organisé par Lisa Yoshikawa).

En 1908, l’historien Kuroita Katsumi板勝美 (1874-1946) du Shiryō hensanjo publia l’ouvrage Kokushi no kenkyū 國史の研究 soit Études en histoire nationale. Cet ouvrage de méthodologie historienne abordait les objectifs et le cadre de « l’histoire nationale ». L’ouvrage connut plusieurs éditions révisées jusqu’à sa version finale de 193129 . Pour Kuroita, le critère central définissant l’histoire nationale était qu’elle correspondait à l’histoire d’un « peuple » (minzoku 民族), lui-même caractérisé par une continuité interne (continuité ethnique dans la durée) d’une part, et, d’autre part, le fait que ce peuple occupait une place au sein de l’histoire mondiale. Les peuples qui cessaient d’exister, parce qu’ils avaient été soumis et avaient perdu leur État, n’existaient plus au sein de l’histoire mondiale. La citation suivante est de l’édition de 1931.

Quand on délimite des segments au sein de l’histoire, pour telle région donnée, la question qui vient en premier lieu concerne le statut des histoires nationales au sein de l’histoire mondiale. L’histoire d’un pays organisé au travers d’un État distinct et d’une société distincte, sur la base d’un peuple distinct, doit être étudiée avant tout à partir de cette délimitation. Concernant Notre pays : depuis les années de Meiji, les Ryūkyū [Okinawa] ont été totalement intégrées au sein de notre territoire, puis nous avons obtenu Taiwan et la moitié Sud de Karafuto [Sakhaline Sud], et enfin, nous avons annexé la Corée de Chosŏn à l’issue des deux conflits sino- et russo-japonais : ainsi Notre Histoire Nationale s’est-elle vue adjoindre l’histoire de Taiwan et celle de Corée. Le cœur ou le tronc de l’Histoire Nationale est néanmoins resté inchangé : à savoir une histoire linéaire et continue de plusieurs milliers d’années au sein d’un seul État [japonais]. Les Ryūkyū, Taiwan ou la Corée correspondent par conséquent à des histoires particulières, des segments régionaux, au sein de l’Histoire Nationale30 .

La science historique n’était ainsi pas définie uniquement par une méthode (la critique des documents) ou par une technicité (l’archivistique du Shiryō hensanjo), mais aussi par une vision politique. Seules les nations souveraines sont sujets de l’Histoire. L’histoire nationale définie par Kuroita correspond parfaitement au paradigme moderne du « roman national » : la discipline doit fabriquer une épopée de la nation, projetée dans un passé immémorial et reliée au présent au travers d’un récit linéaire annexant tous les récits particuliers qui avaient pu exister auparavant. Ainsi « l’histoire coloniale » (avec toute l’ambiguïté de ce terme) est amenée à se fondre dans le roman national. L’idée de seishi ainsi modernisée ne renvoyait donc pas tant – comme durant les anciens régimes – à une velléité de clore l’histoire d’une dynastie lors d’un changement de gouvernants que plutôt à l’idée de clore l’histoire de la Corée en tant qu’État indépendant – c’est-à-dire de légitimer la disparition d’un État – maintenant que Corée et Taiwan, ex-marche de l’empire Qing d’où celui-ci fut expulsé, étaient devenus deux colonies soumises à un État étranger.

2. Les institutions coloniales

La Corée : une histoire depuis les « origines »

La Corée annexée en 1910, le premier gouverneur-général (sōtoku 總督) Terauchi Masatake 寺内正毅 (1851-1919, en poste de 1910 à 1916) initia en 1911 un projet de rédaction d’histoire de la Corée, intitulé : Chōsen hantō-shi 朝鮮半島史 soit Histoire de la péninsule coréenne. Le projet fut placé en 1915 sous la responsabilité du Conseil Privé du gouverneur (le Chūsūin 中樞院31 ). Au même moment étaient créés le Musée du Gouvernement-général de Corée (1915), un musée d’histoire et d’archéologie, ainsi que la Commission d’étude des vestiges anciens de Corée (1916).

TERAUCHI Masatake

TERAUCHI Masatake, peinture d'Okada Saburosuke.

Le projet Hantō-shi permit l’institutionnalisation du travail historique et fixa le contenu ainsi que les objectifs de « l’histoire coloniale » à laquelle aspiraient les autorités. Il ne s’agissait plus de philologie, comme avant 1910, mais d’affirmer la vision du Japon impérial sur la Corée. La vision portée par l’œuvre historienne et la composition des équipes restèrent globalement identiques de 1911 à 1938, date d’achèvement du travail de compilation. Cette Histoire de la péninsule coréenne exprime une tension au sein du travail historien entre, d’une part, un effort de relativisation des entités politiques coréennes qui s’étaient succédées dans la péninsule en quelque 2000 ans au profit d'un cadre géographique neutralisé – de même que l’idée de « péninsule indochinoise »32 – et, d’autre part, l’intégration de tous ces royaumes au sein d’une histoire linéaire d’un pays maintenant saisi comme unique – discours du terreau nationaliste –, conception qui n’existait pas en Corée jusqu’alors33 .

Seoul colonial, scène de rue au début (1908-1912)

Séoul colonial, scène de rue au début (1908-1912).

Mais le Gouvernement-général de Corée avait un objectif plus pragmatique : la production d’un contre-discours « scientifique » visant à faire taire les histoires résistantes, notamment l’ouvrage de 1915 du journaliste et historien coréen Pak Ŭnsik 朴殷植 (1859-1925) Hanguo tongshi 韓國痛史 soit Histoire douloureuse de la Corée34 . Depuis son exil à Shanghai, d’où il allait participer en 1919 au gouvernement provisoire de la République de Corée, Pak rédigea cet opus sur la Corée moderne, du début du règne de Kojong en 1863 jusqu’à la chute de son pays et l’annexion. En 1916, dans une synthèse des travaux historiens, le Gouvernement-général rappelait que la Corée, annexée au Japon, et les colonies occidentales, lieu d’une exploitation fondée sur la différence de race, étaient « incomparables » car il existait une proximité géographique et « ethnico-culturelle » entre Japon et Corée. Et de poursuivre :

Les textes émanant de Coréens résidant à l’étranger, telle l’Histoire douloureuse de la Corée, donnent libre cours à de folles théories et éludent totalement la vérité. Ce type d’ouvrages historiques est un poison nuisible qui cherche à troubler le cœur des hommes. On ne pourra cependant les éradiquer : un tel effort serait épuisant et sans résultat, et ne pourra contribuer qu’à leur propagation. Au lieu d’interdire ou de réprimer ces anciennes historiographies, nous leur répondrons en proposant une histoire juste et précise, qui produira un effet bien supérieur. Telle est la raison principale qui motive notre effort de compilation d’une Histoire de la péninsule coréenne35 .

Finalement, c’était le besoin d’un contre-discours vis-à-vis des résistants comme Pak ou Sin Ch’aeho 申采浩 (1880-1936) et la nécessité d’affirmer la supériorité académique japonaise qui justifiaient le projet historique. Dans un même temps, l’histoire de la « Corée » ainsi planifiée « depuis les origines » allait, par une curieuse dialectique, participer d’un épistémè commun partagé par l’historiographie coloniale et par les histoires résistantes.

Objectifs et organisation du travail de compilation de l’Histoire de la péninsule coréenne (1916).

Objectifs et organisation du travail de compilation de l’Histoire de la péninsule coréenne (1916).

Piloté par le secrétaire général du Chūsūin, Oda Mikijirō 小田幹治郎 (1875-1929), le projet Hantō-shi vit sa rédaction confiée au spécialiste d’histoire sociale Miura Hiroyuki 三浦周行 (1871-1931), à Kuroita Katsumi, et au spécialiste d’histoire ancienne coréenne Imanishi Ryū (1875-1932) de Kyōto, secondés par des enquêteurs (dont des Coréens), l’ensemble sous le contrôle d’Oda Shōgō. Les chapitres 1, 2, 3, et 5 étaient achevés en date de 192436 : Imanishi devait rédiger les trois premières parties en histoire ancienne ; Ogiyama Hideo 荻山秀雄, la quatrième partie sur le royaume de Koryŏ ; Seno Umakuma 瀬野馬熊, la cinquième sur Chosŏn ; et Sugimoto Shōsuke 杉本正, la sixième sur la période contemporaine37 . Cependant, à la suite du grand soulèvement du 1er mars 1919, une commission réhaussée fut mise en place en 1922, d’une bien autre ampleur que le projet Hantō-shi. Le niveau scientifique des chapitres produits fut jugé insuffisant pour une production du Gouvernement-général – Hantō-shi visait à être un ouvrage de vulgarisation répondant aux histoires résistantes – et ce premier projet fut abandonné38 .

L’Institut de 1925 et la domination du Shiryō hensanjo

Le moment était venu pour Kuroita et les techniciens du Shiryō hensanjo de l’Université impériale de Tōkyō d’occuper le devant de la scène. En 1922 fut mise en place la Commission pour la compilation de l’histoire de la Corée (Chōsen shi hensan iinkai朝鮮史編纂委員會), organisme officiel dépendant du gouverneur, placé sous son autorité et sous celle du gouverneur civil39 . Cette commission de 1922 fut réhaussée en 1925 en Institut pour la compilation de l’histoire de la Corée (Chōsen shi henshūkai 朝鮮史編修會 ; ci-après l’Institut) par le décret impérial 21840 . D’abord détachée du Chūsūin, la structure était en 1925 rattachée à l’Empereur, afin de faire la publicité de cet effort en vue d’une « histoire neutre et digne de confiance »41 .

Si l’on y trouve les mêmes figures que dans le projet piloté par le Chūsūin, les mandarins du monde historien de Tōkyō et Kyōto occupaient désormais les premières places autour de Kuroita et du sinologue Naitō Konan, professeur en histoire orientale à l’université impériale de Kyōto. On y remarque aussi  Inaba Iwakichi 稲葉岩吉 (1876-1940), historien proche de Shiratori Kurakichi et qui contribua de façon importante à la construction de l’idée d’« histoire coréo-mandchoue » commune. Le projet de l’Institut devait aboutir non pas à un ouvrage de vulgarisation mais à une grosse somme académique. Deux caractéristiques essentielles des travaux de l’entre-deux-guerres, autour notamment de l’Institut, sont l’augmentation de profils coréanisants, mais aussi – et surtout – le fait que les responsables de la Commission de 1922 puis de l’Institut de 1925 étaient tous des « techniciens » en archivistique, spécialistes de la compilation historique. Imanishi Ryū, Miura Hiroyuki et Kuroita Katsumi étaient tous de la même génération, et tous trois issus de la section Histoire ou de la section Histoire nationale (Kokushika 國史科) de l’Université impériale de Tōkyō.

Musée du Gouvernement-général de Corée

Vue du musée du Gouvernement-général de Corée depuis le palais du gouverneur, vers 1930.

Plus encore : outre Kuroita et Miura, l’un des archéologues clefs en Corée, Fujita Ryōsaku 藤田亮策 (1892-1960) – conservateur en chef du Musée du Gouvernement-général de Corée –, provenait lui aussi du Shiryō hensanjo ainsi que de la Commission pour la compilation de l’histoire de la restauration Meiji, faisant ainsi le pont entre les trois grandes commissions historiques du Japon moderne. En outre, c’est sur pression de Kuroita auprès du Shiryō hensanjo que Fujita fut nommé de Tōkyō à Keijō, élément qui souligne le poids de Kuroita42 . Kuroita, Miura ou Imanishi, le sinologue Naitō ou Fujita, ainsi que Murakami Naojirō qui pilotera la recherche historique à Taiwan (cf. infra) : tous témoignent de la centralité des deux universités impériales de métropole – notamment la section Histoire de celle de Tōkyō – au sein des institutions de Corée et de Taiwan, ainsi que du poids des spécialistes en paléographie, archivistique et compilation du Shiryō hensanjo de l’Université impériale de Tōkyō. Ainsi les meilleurs spécialistes japonais en constitution et en compilation de corpus documentaires furent-ils mobilisés au sein du travail historique colonial. Étudier la constitution de l’historiographie coloniale revient donc aussi à étudier la constitution du champ historien dans le Japon moderne, tout en éclairant un réseau impérial qui rassemblait l’Université impériale de Tōkyō, le ministère de l’Instruction publique et les deux gouvernement-généraux de Corée et de Taiwan.

Au-delà, la centralité du Shiryō hensanjo se ressentit sur la méthode et sur la forme du travail historien. Comme noté, il ne s’agissait pas tant de rédiger une histoire de la Corée que de compiler les documents préexistants selon une conception technique de l’historiographie. Cette conception explique le processus d’élaboration et la composition de l’ouvrage finalement réalisé entre 1932 et 1938 : un ouvrage produit non par des coréanistes, qui auraient été intéressés par le fond, mais par un groupe de techniciens doublés de sinisants, qui cherchèrent à maîtriser un format. Il en fut de même à Taiwan où l’objectif de la construction de corpus fut là-bas aussi central. Sans entrer dans le détail de la composition de l’Institut43 , notons qu’il comprenait pour plus de la moitié des Coréens ralliés tels Yi Nŭnghwa 李能和 (1869-1943), Hong Hŭi (1884-1935) ou Ch’oe Namson 崔南善 (1890-1957).

L’Institut devait « rationaliser » l’immense volume de données coréennes préexistantes. Celles-ci n’avaient tout simplement jamais atteint le stade d’« histoire scientifique ». Comme noté, il ne s’agissait pas tant d’écrire une histoire de la Corée – car elle existait déjà des formes dispersées dont l’histoire dynastique officielle – que d’ordonner en les linéarisant, et donc de compiler les histoires et sources préexistantes, afin de produire une synthèse dont les Coréens avaient été « incapables ». Lors de l’achèvement des travaux de l’Institut, en 1938, le gouverneur civil Ono Ryokuichirō 小野緑一郎 expliquait comme suit, notant très exactement ce que disait Inō à Taiwan un demi-siècle plus tôt :

La Corée des Yi [=la Corée de Chosŏn], notamment dans sa dernière phase, vit ses savants influencés par l’école des preuves de la dynastie Qing, école qui se développa avec ferveur au sein de son monde historien. Néanmoins, considérés depuis les développements de la recherche scientifique moderne, ces savants furent incapables de produire une historiographie pleinement satisfaisante à même d’être transmise à la postérité44 .

La « mission »45 de l’Institut se concrétisa dans les trois réalisations suivantes.

1) L’Histoire de la Corée, publiée entre 1932 et 1938, n’était pas une « histoire rédigée » mais une compilation ordonnée de documents anciens (chinois, coréens et japonais) tous traduits dans un japonais archaïsant. L’ensemble comprend trente-cinq gros volumes pour un total de quelque 24 000 pages, dont un Index des règnes (vol. 35) et un Index nominal (noms propres, toponymes etc.)46 . Le texte suivait une forme annalistique et se concentrait surtout sur l’histoire politique et militaire.

2) La constitution d’un corpus documentaire, qui comprenait en date de 1938 quelque 4 950 ouvrages, 4 510 photographies et 453 manuscrits sous forme de rouleaux et peintures47 . Et la constitution de deux séries de rééditions : la série Chōsen shiryō sōkan 朝鮮史料叢刊 (notamment des documents relatifs aux guerres d’agression par Hideyoshi à la fin du 16e siècle) ; et la série Chōsen shiryō shūshin 朝鮮史料集眞48 .

3) L’achèvement des sillok , les chroniques royales de la dynastie Yi (1392-1910), dont la  rédaction avait été interrompue par l’empereur Kojong 高宗 (1852-1919) en 1897. Ces documents furent rédigés en chinois, comme les volumes précédents.

Enfin, l’Institut planifia la publicité de son œuvre historique via des expositions réalisées dans la péninsule49 .

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Unfold notes and references
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1

S’il existe une étude complète de l’anthropologie coloniale japonaise (Sakano Tōru 坂野徹, Teikoku Nihon to jinruigakusha 帝国日本と人類学者 [Le Japon impérial et les anthropologues], Tōkyō, Keisō shobō 勁草書房, 2005) ainsi qu’un panorama des sciences humaines hors histoire en Corée colonisée (Ch’oe Sŏg’yŏng 崔錫榮, Il’che ŭi Chosŏn yŏngu wa singminji-jŏk chisik saengsan 일제의 조선연구와 식민지적 지식생산 [Les Études coréanistes de l’empire japonais et la construction des perceptions colonialistes], Séoul, Minsok-wŏn 민속원, 2012), aucune étude ne discute des sciences historiques et archéologiques à l’échelle de l’empire colonial. 

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2

Kim Sŏngmin 김성민, « Chosŏn-sa p’yŏnsuhoe ŭi sosik kwa unyong » 朝鮮史編修會의 組織과 運用 (L’Institut pour la compilation de l’histoire de la Corée, organisation et pratique), Hanguk minjok undongsa yŏngu 한국민족 운동사 연구, 1989, 3, p. 121-164 ; trad. japonaise dans Nihon shisō-shi 日本思想史 (2010, 76, p. 7-60) ; Wu Micha 吳密察, « Taiwan zongdufu xiushi shiye yu Taiwan fenguan guancang » 台灣總督府修史事業與台灣分館館藏 (L’Œuvre historienne du Gouvernement-général de Taiwan et les fonds de l’Annexe de Taiwan), Taiwan fenguan guancang yu Taiwan shi yanjiu yantaohui 台灣分館館藏與台灣史研究研討會, Taipei, Guoli zhongyang tushuguan Taipei fenguan 國立中央圖書館台北分館, 1994a, 10, p. 39-72. Cho Donggŏl 趙東杰, Hyŏndae hanguk sahak-sa 現代韓國 史學史 (Une histoire des travaux historiens dans la Corée contemporaine), Séoul, Na’nam ch’ulp’an 나남출판, 2002 ; Hakoishi Hiroshi 箱石大, « Kindai Nihon shiryōgaku to Chōsen sōtoku-fu no Chōsen-shi hensan jigyō » 近代日本史料学と朝鮮総督府の朝鮮史編纂事業 (L’archivistique dans le Japon moderne et l’œuvre coloniale de compilation de l’histoire de la Corée), in Satō Makoto 佐藤信 et alii (dir.), Zen-kindai Nihon rettō to Chōsen hantō 前近代日本列島と朝鮮半島 (L’archipel japonais et la péninsule coréenne durant la période pré/moderne), Tōkyō, Yamakawa shuppan-sha 山川出版社, 2007, p. 241-263 ; Yeh Piling 葉碧苓, « Cunshang Zhicilang de Taiwan shi yanjiu » 村上直次郎的臺灣史研究 (La recherche en histoire taiwanaise réalisée par Murakami Naojirō), Guoshiguan xueshu jikan 國史館學術集刊, 2008, 17, p. 1-35.

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3

Yeh Piling, « Taibei diguo daxue yu jingcheng diguo daxue shixueke zhi bijiao (1926-1945) » 臺北帝國大學與京城帝國大學史學科之比較 (1926-1945) (Une comparaison entre les sections Histoire des universités impériales de Taihoku et de Keijō, 1926-1945), Taiwan shi yanjiu 臺灣史研究, Academia Sinica, 2009, 16 (3), p. 87-132 ; Chŏng Kŭnsik 정근식 et alii, Singmin kwŏllyŏk kwa kŭndae chisik 식민권력과 근대지식 (Pouvoir colonial et savoirs modernes), Seoul, Seoul national University press, 2011 ; Ou Suying  歐素瑛, « Taihoku teikoku daigaku to Taiwan kenkyū » 台北帝国大学と台湾学研究 (L’Université impériale de Taihoku et les études taiwanistes), in Kokusai kenkyū shūkai hōkokusho 国際研究集会報告書, 2012, 42, p. 19-37 ; Nanta Arnaud, « The Japanese Colonial Historiography in Korea (1905-1945) », in Caroli Rosa, Souyri Pierre François (dir.), History at Stake in East Asia, Venezia, Libreria Editrice Cafoscarina, 2012, p. 83-105 ; Nanta Arnaud, « L’organisation de l’archéologie antique en Corée coloniale (1902-1940) », Ebisu, 2015, 52 : http://ebisu.revues.org/1635 ; Nanta Arnaud, Mémoire inédit à propos de l’histoire des savoirs coloniaux japonais en Corée colonisée et de Sakhaline entre les empires, HDR, Paris-Diderot, mars 2017 ; Matsuda Toshihiko 松田利彦, Sakai Tetsuya 酒井哲哉 (dir.), Teikoku Nihon to shokuminchi daigaku 帝国日本と植民地大学 (Les universités coloniales du Japon impérial), Tōkyō Yumani shobō ゆまに書房, 2014 ; Zhong Shumin 鍾淑敏, « Taiwan riri xinbao hanwenbu zhuren Weiqi Xiuzhen » 臺灣日日新報漢文部主任尾崎秀真 (Le responsable du bureau chinois du quotidien Taiwan Nichinichi shinpō, Ozaki Hotsuma), Taiwanxue tongxun 臺灣學通訊, 2015, 85, p. 8-9. Si Yeh Piling, dans son travail de 2009, compare les travaux historiens des deux universités coloniales, ce travail n’intègre pas les commissions coloniales, qu’on abordera ici, et passe outre l’historiographie sud-coréenne.

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4

Hakoishi Hiroshi 箱石大, « Kindai Nihon shiryōgaku to Chōsen sōtoku-fu no Chōsen-shi hensan jigyō » 近代日本史料学と朝鮮総督府の朝鮮史編纂事業 (L’archivistique dans le Japon moderne et l’œuvre coloniale de compilation de l’histoire de la Corée), in Satō Makoto 佐藤信 et alii (dir.), Zen-kindai Nihon rettō to Chōsen hantō 前近代日本列島と朝鮮半島 (L’archipel japonais et la péninsule coréenne durant la période pré/moderne), Tōkyō, Yamakawa shuppan-sha 山川出版社, 2007, p. 241-263.

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5

Voir : Beasley William G. & Pulleyblank Edwin G. (dir.), Historians of China and Japan, Oxord, Oxford University Press, 1961 ; Ozawa Eiichi 小沢栄一, Kindai Nihon shigakushi no kenkyū. Meiji-hen 近代日本史学史の研究 (Étude sur l’historiographie japonaise à la période contemporaine. Volume sur l’ère Meiji), Tōkyō, Yoshikawa kōbunkan, 1968 ; Souyri Pierre-François, « L’histoire à l’époque Meiji : enjeux de domination, contrôle du passé, résistances », Ebisu, 2010, 44, p. 33-47.

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6

Après 1895, la faculté de Lettres comptait deux sections (ka ) d’Histoire : Histoire et Histoire nationale. La réforme de 1904 créa une seule section (ou donc département) Histoire (shigaku-ka 史學科) avec trois cursus : Histoire nationale, Histoire chinoise et Historiographie (i.e. histoire occidentale). Ils furent renommés Histoire nationale, Histoire orientale et Histoire occidentale en 1910.

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7

Yi Sŏngsi 李成市,  Koroniarizumu to kindai rekishigaku. Shokuminchi tōchika no Chōsen shi henshū to koseki chōsa o chūshin ni » コロニアリズムと近代歴史学 植民地統治下の朝鮮史編修と古蹟調査を中心に (Colonialisme et historiogaphie moderne. Autour de la compilation de l’histoire et des enquêtes sur les sites anciens en Corée sous domination coloniale), in Terauchi Itarō 寺内威太郎et alii, Shokuminchi to rekishigaku 植民地と歴史学, Tōkyō, Tōsui shobō, 2004, p. 71-103 ; Hakoishi Hiroshi 箱石大, « Kindai Nihon shiryōgaku to Chōsen sōtoku-fu no Chōsen-shi hensan jigyō » 近代日本史料学と朝鮮総督府の朝鮮史編纂事業 (L’archivistique dans le Japon moderne et l’œuvre coloniale de compilation de l’histoire de la Corée), in Satō Makoto 佐藤信 et alii (dir.), Zen-kindai Nihon rettō to Chōsen hantō 前近代日本列島と朝鮮半島 (L’archipel japonais et la péninsule coréenne durant la période pré/moderne), Tōkyō, Yamakawa shuppan-sha 山川出版社, 2007, p. 241-263.

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8

Sur les universités impériales, voir : Nakayama Shigeru 中山茂, Teikoku daigaku no tanjō 帝国大学の誕生 (La naissance de l’Université impériale), Tōkyō, Chūō kōron sha, 1978. Sur l’orientalisme en métropole, voir : Tanaka Stefan, Japan’s Orient, Berkeley, California University Press, 1993. Le nom de l’Université impériale de Tōkyō est « Université impériale » jusqu’à la création de l’Université impériale de Kyōto en 1897.

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9

Voir : Saeki Arikiyo 佐伯有清, Kōkaido-ō hi to sanbō honbu 広開土王碑と参謀本部 (L’État-major japonais et la question de la stèle du roi Kwanggaet’o), Tōkyō, Yoshikawa kōbunkan, 1976 ; Guex Samuel, Nouvelle histoire de la Corée des origines à nos jours, Paris, Flammarion, 2016.

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10

Tanaka Stefan, Japan’s Orient, Berkeley, California University Press, 1993.

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11

La Shigakukai 史學會, fondée en 1889, est la plus ancienne société historienne japonaise.

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12

Hayashi était spécialiste de l’écriture oraculaire (dite écriture ossécaille) en Chine ancienne, dont il est un précurseur au sein de la recherche japonaise. Il l’étudia au site de Yin Xu 殷墟 (la capitale de la dynastie Yin) en 1918. Ce site a été fouillé de façon systématique après 1928 avec la fondation de l’Academia Sinica.

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13

Hayashi Taisuke 林泰輔, Chōsen tsūshi - Zen 朝鮮通史 (Histoire générale de la Corée. Version intégrale), Tōkyō, Toyama-bō 冨山房, 1912.

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14

Journaliste, militant anticolonialiste, C.-A. Julien était spécialiste de l’histoire de la conquête française en Afrique du Nord, ce qui montre la prégnance de ce thème à l’époque.

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15

Tous deux étaient issus du laboratoire d’Anthropologie de l’Université impériale de Tōkyō. Torii séjourna à Taiwan quatre fois entre 1897 et 1900. Voir : Sakano Tōru 坂野徹, Teikoku Nihon to jinruigakusha 帝国日本と人類学者 (Le Japon impérial et les anthropologues), Tōkyō, Keisō shobō 勁草書房, 2005 ; Nanta Arnaud, « Torii Ryūzō : discours et terrains d’un anthropologue et archéologue japonais du début du XXe siècle », Bulletins et Mémoires de la Société d’Anthropologie de Paris, 2010, 22, p. 24-37.

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16

Voir : Miyamoto Nobuhito 宮本延人 1971 Inō Kanori shi to Taiwan kenkyū 伊能嘉矩氏と台湾研究 (M. Inō Kanori et sa recherche sur Taiwan), Tōno shi kyōiku iinkai 遠野市教育委員会, 1971, p. 14-16 ; Kasahara Masaharu 笠原政治, « Inō Kanori no jidai – Taiwan genjūmin shoki kenkyūshi e no sokuen » 伊能嘉矩の時代 台湾原住民初期研究への測鉛 (L’époque d’Inō Kanori – Un poids de mesure pour l’histoire des premières recherches sur les aborigènes de Taiwan), Taiwan genjūmin kenkyū 台湾原住民研究 (Revue d’études sur les aborigènes taiwanais), 1998, 3, p. 54-78.

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17

Du temps des colonies japonaises, il exista un conflit permanent entre intégration et séparation, qui se concrétisa notamment par l’existence de ce ministère ou par un contrôle par le ministère de l’Intérieur ; le gouverneur-général étant de toute façon responsable devant l’Empereur. Le Takushokumu-shō 拓殖務省 exista en 1896-1897, puis fut réinstauré de 1929 à 1942 sous le nom de Takumushō.

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18

Tōhō gakkai 東方学会 (Société des études orientales) (dir.), Tōhōgaku kaisō 東方学回想 (Souvenirs de la recherche orientaliste), 9 vols., Tōkyō, Tōsui shobō 刀水書房, 2000, vol. 1, p. 157-159.

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19

Les « manuscrits de Sinckan » sont un corpus de contrats commerciaux signés entre les autorités de la VOC et les aborigènes Siraya de la région de Tainan au 17e siècle. Ils ont la particularité d’être bilingues hollandais / langue Sinckan (Xingang en pinyin) et constituent des documents historiques de toute première importance. Voir : Ou Suying  歐素瑛, « Taihoku teikoku daigaku to Taiwan kenkyū » 台北帝国大学と台湾学研究 (L’Université impériale de Taihoku et les études taiwanistes) in Kokusai kenkyū shūkai hōkokusho 研究集会告書, 2012, 42, p. 19-37, ici p. 24.

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20

Inō Kanori 伊能嘉矩, Ryō Tai jūnen shi 領臺十年史 (Histoire des dix années depuis la prise de possession de Taiwan), Taipei, Niitaka-dō 新高堂, 1905.

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21

Inō, 1902, cité dans : Matsuda Kyōko 松田京子, Teikoku no shikō. Nihon teikoku to Taiwan genjūmin 帝国の思考 日本「帝国」と台湾原住民 (Réflexions d’Empire. L’empire du Japon et les aborigènes taiwanais), Tōkyō, Yūshisha 有志兵舎, 2014, p. 76-77.

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22

Shiokawa 鹽川, « Wagakuni to gaikoku to no kankei » 我國と外國との (Les relations entre notre pays et ses voisins), Kankoku kenkyūkai danwaroku 韓國研究談話, 1902, 1, p. 1-8, ici p. 1.

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23

On voit ici le lien entre historiographie nationale et historiographie coloniale : Kawai est considéré, après Hara Katsurō 原勝郎 (1871-1924) et Fukuda Tokuzō 福田三 (1874-1930), comme l’un des historiens ayant, à la fin du 19e siècle, associé Europe occidentale et Japon, tout en séparant celui-ci de « l’Asie » marquée par la « stagnation ». Voir : Beasley William G., Pulleyblank Edwin G. (dir.), Historians of China and Japan, Oxord, Oxford University Press, 1961 ; Souyri Pierre-François, Histoire du Japon médiéval, Paris, Perrin, 2013, p. 23-26 et notes, p. 74-75.

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24

Choi Kyongrak, « Compilation and publication of Korean historical materials under Japanese rule (1910-1945) », The developing economies, 1969, 7-3, p. 380-391.

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25

Chōsen kosho kankō-kai 朝鮮古書刊行會, Chōsen kosho mokuroku 朝鮮古書目錄, Keijō, Chōsen zasshi-sha 朝鮮雜誌社, 1911.

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26

Lozerand Emmanuel, Littérature et génie national, Paris, Les Belles Lettres, 2005.

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27

Voir : Kaneko Fumio 金子文夫, « Mochiji Rokusaburō no shōgai to chosaku » 持地六三郎の生涯と著作 (La vie et l’œuvre de Mochiji Rokusaburō), Taiwan kingendai shi kenkyū 台湾近現代史研究 (Revue en histoire moderne et contemporaine de Taiwan), 1979, 2, p. 119-128.

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28

Mochiji Rokusaburō 持地六三郎, Taiwan shokumin seisaku 臺灣殖民政策 (Les politiques coloniales à Taiwan), Tōkyō, Toyama-bō 冨山房, 1912.

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29

Kuroita Katsumi 黒板勝美, Kokushi no kenkyū sōsetsu 國史の研究 (Discours général relatif aux études en histoire nationale), Tōkyō, Iwanami, 1931 ; Hakoishi Hiroshi 箱石大 « Kindai Nihon shiryōgaku to Chōsen sōtoku-fu no Chōsen-shi hensan jigyō » 近代日本史料学と朝鮮総督府の朝鮮史編纂事業 (L’archivistique dans le Japon moderne et l’œuvre coloniale de compilation de l’histoire de la Corée), in Satō Makoto 佐藤信 et alii (dir.), Zen-kindai Nihon rettō to Chōsen hantō 前近代日本列島と朝鮮半島 (L’archipel japonais et la péninsule coréenne durant la période pré/moderne), Tōkyō, Yamakawa shuppan-sha 山川出版社, 2007, p. 241-263, ici p. 250.

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30

Kuroita Katsumi 黒板勝美, Kokushi no kenkyū sōsetsu 國史の研究 (Discours général relatif aux études en histoire nationale), Tōkyō, Iwanami, 1931, p. 363 ; Hakoishi Hiroshi 箱石大 « Kindai Nihon shiryōgaku to Chōsen sōtoku-fu no Chōsen-shi hensan jigyō » 近代日本史料学と朝鮮総督府の朝鮮史編纂事業 (L’archivistique dans le Japon moderne et l’œuvre coloniale de compilation de l’histoire de la Corée), in Satō Makoto 佐藤信 et alii (dir.), Zen-kindai Nihon rettō to Chōsen hantō 前近代日本列島と朝鮮半島 (L’archipel japonais et la péninsule coréenne durant la période pré/moderne), Tōkyō, Yamakawa shuppan-sha 山川出版社, 2007, p. 241-263, ici p. 250.

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31

Le Chūsūin fut créé le 1er octobre 1910. Il pilota diverses enquêtes jusqu’en 1937.

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32

Sur la géographie coloniale et la naissance de la « péninsule » indochinoise, voir : Hémery Daniel, Brocheux Pierre, Indochine la colonisation ambiguë, nouvelle édition, Paris, La Découverte, 2004, chap. 1. On peut considérer que la Commission archéologique de 1916 était l’équivalent pour la Corée de l’EFEO créée en Indochine en 1900.

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33

Voir : Schmid Andre, Korea Between Empires 1895-1919, New York, Columbia University Press, 2002.

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34

Le mot t’ongsa (tongshi en chinois) s’écrit habituellement 通史 soit « histoire générale » ou « complète ». L’homophone 痛史, signifiant « histoire douloureuse », produit un effet frappant. Le titre de l’ouvrage est sans doute une réponse à l’opus, homophone, de Hayashi Taisuke de 1912, Chōsen tsūshi 朝鮮通史 (Histoire complète de la Corée).

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35

Chōsen Sōtoku-fu 朝鮮総督府 (dir.) (Gouvernement-général de Corée), Chōsen hantō shi hensei no yōshi oyobi junjo 朝鮮半島史編成ノ要旨及順序 (Objectifs et organisation du travail de compilation de l’Histoire de la péninsule coréenne), Keijō, Gouvernement-général de Corée, 1916, p. 1-4.

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36

Ikeuchi Hiroshi 池内宏 (1878-1952), le bras droit de Shiratori Kurakichi, estima que le projet Hantō-shi fut stoppé par un mauvais hasard : Ogiyama fut nommé à la direction de la Bibliothèque du Gouvernement-général, et Sugimoto décéda. Voir : Seno Umakuma 瀨野馬熊 (sous la dir. de Nakamura Hidetaka 中村榮孝), Seno Umakuma ikō 瀨野馬熊遺稿 (Manuscrits inédits de Seno Umakuma), Keijō, Chōsen insatsu-sha, 1936, ici p. 3.

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37

Seno Umakuma 瀨野馬熊 (sous la dir. de Nakamura Hidetaka 中村榮孝), Seno Umakuma ikō 瀨野馬熊遺稿 (Manuscrits inédits de Seno Umakuma), Keijō, Chōsen insatsu-sha, 1936, ici p. 3.

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38

Chōsen shi henshū-kai 朝鮮史編集會 (dir.), Chōsen shi henshū-kai jigyō gaiyō 朝鮮史編修會事業概要 (Présentation générale des travaux de l’Institut pour la compilation de l’histoire de la Corée), Keijō, Gouvernement-général de Corée, 1938, p. 7.

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39

Décret du Gouvernement-général n° 64 (Sōtoku-fu kunrei dai 64 gō 督府訓令第六十四號). Voir : Chōsen shi henshū-kai 朝鮮史編集會 (dir.), Chōsen shi henshū-kai jigyō gaiyō 朝鮮史編修會事業概要 (Présentation générale des travaux de l’Institut pour la compilation de l’histoire de la Corée), Keijō, Gouvernement-général de Corée, 1938, p. 7.

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40

Décret impérial n° 218 (Chokurei dai 218 gō 勅令二百十八號). Voir : Chōsen-shi henshū-kai 朝鮮史編修會 (Institut pour la compilation de l’histoire de la Corée) (dir.), Chōsen-shi henshū-kai yōran 朝鮮史編修會要覽 (Informations générales sur l’Institut pour la compilation de l’histoire de la Corée), Keijō, Gouvernement-général de Corée, 1930, p. 2.

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41

Nakamura Hidetaka 中村榮孝 « Chōsen shi no henshū to Chōsen shiryō no shūshū » 朝鮮史の編集と朝鮮史料の蒐集 (La collecte et la compilation des archives relatives à l’histoire de la Corée), [1964], in Nissen kankei shi no kenkyū 日鮮関係史の研究 (Études sur l’histoire des relations nippo-coréennes), Tōkyō, Yoshikawa Kōbunkan, 1969, vol. 3, p. 653-694, ici p. 661.

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42

Tōhō gakkai 東方学会 (Société des études orientales) (dir.), Tōhōgaku kaisō 東方学回想 (Souvenirs de la recherche orientaliste), 9 vols., Tōkyō, Tōsui shobō 刀水書房, 2000, vol. 5, p. 36.

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43

Kim Sŏngmin 김성민, « Chosŏn-sa p’yŏnsuhoe ŭi sosik kwa unyong » 朝鮮史編修會 組織 運用 (L’Institut pour la compilation de l’histoire de la Corée, organisation et pratique), Hanguk minjok undongsa yŏngu 한국민족 운동사 연구, 1989, 3, p. 121-164 ; trad. japonaise dans Nihon shisō-shi 日本思想史 (2010, 76, p. 7-60).

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44

Chōsen shi henshū-kai 朝鮮史編集會 (dir.), Chōsen shi 朝鮮史 (Histoire de la Corée), 36 volumes, Keijō, Gouvernement-général de Corée, 1932-1940, vol. Index de 1938, p. 1-2.

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45

Le gouverneur civil Ikegami Shirō 池上四郎, évoquait en juillet 1928, en réunion de l’organisation, « notre mission de compilation de l’histoire de la Corée » (Chōsen-shi hensan no shimei 朝鮮史編纂の使命). Chōsen shi henshū-kai 朝鮮史編集會 (dir.), Chōsen shi 朝鮮史 (Histoire de la Corée), 36 volumes, Keijō, Gouvernement-général de Corée, 1932-1940, vol. Index de 1938, p. 37.

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46

L’ouvrage comporte six parties. 1. Le temps d’avant l’unification par Silla (676) : trois volumes exposant les documents chinois, coréens et japonais sur la période des Trois Royaumes. 2. La période de la péninsule unifiée par Silla (676 à 935). 3. La période du royaume de Koryŏ (935 à 1392). 4. Le début de la période Chosŏn, de T’aejo 太祖 (Yi Sŏnggye 李成桂, le fondateur de la dynastie en 1392) à Sŏnjo 宣祖 (qui régna de 1567 à 1608). 5. Le milieu de la période Chosŏn, de Kwanghaegun 光海君 (intronisé en 1608) à Chŏngjo 正祖 (qui régna de 1776 à 1800). 6. La fin de la période Chosŏn, de Sunjo 純祖 (qui régna de 1800 à 1834) jusqu’aux réformes de Kabo (1894).

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47

Kim Sŏngmin 김성민 1989 « Chosŏn-sa p’yŏnsuhoe ŭi sosik kwa unyong » 朝鮮史編修會 組織 運用 (L’Institut pour la compilation de l’histoire de la Corée, organisation et pratique), Hanguk minjok undongsa yŏngu 한국민족 운동사 연구, 1989, 3, p. 121-164 ; trad. japonaise dans Nihon shisō-shi 日本思想史, 2010, 76, p. 7-60, ici p. 28.

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48

Chōsen shi henshū-kai 朝鮮史編集會 (dir.), Chōsen shi henshū-kai jigyō gaiyō 朝鮮史編修會事業概要 (Présentation générale des travaux de l’Institut pour la compilation de l’histoire de la Corée), Keijō, Gouvernement-général de Corée, 1938, p. 140-142 ; Chōsen shi henshū-kai 朝鮮史編集會 (dir.), Chōsen shi 朝鮮史 (Histoire de la Corée), 36 volumes, Keijō, Gouvernement-général de Corée, 1932-1940, vol. Index de 1938 : 187-191.

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49

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