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L’organisation de la recherche à l’EHESS  
photo en couleur, portrait de Philippe Casella

Philippe Casella

Sociologue, directeur du développement de la recherche à  l’École des Hautes Etudes en     Sciences Sociales de 2009 à 2017 1, Philippe Casella a été, sous deux présidences donc, un compagnon de route essentiel de l’EHESS, tout à la fois très attentif à ses singularités et fort d’une connaissance profonde de l’université et de la recherche. Nous avons été nombreux dans l’École à lui vouer amitié et estime et sommes très heureux de l’accueillir dans cet Atelier. Son texte s’appuie sur le dépouillement d’archives de l’EHESS mises à sa disposition par le Service des archives de l’École.

Une politique d’établissement soutenue par une combinaison originale des formes d’organisation de la recherche

L’organisation de la recherche à l’EHESS est placée sous l’influence de trois traditions, celle de la direction d’études issue de l’EPHE et de sa VIe section, celle du centre de recherches, forme partagée par les sciences humaines et sociales dans l’ensemble de l’enseignement supérieur, et celle du laboratoire, qui s’impose progressivement en référence au CNRS principal organisme partenaire. Ces trois traditions s’illustrent par trois niveaux d’organisation du travail de recherche et d’encadrement doctoral, la chaire incarnée par son titulaire et ses éventuels assistants, le centre de recherche réunissant autour d’une perspective scientifique commune des chercheurs et bénéficiant d’une reconnaissance et d’un appui institutionnel, le laboratoire de recherche conçu comme une organisation collective affichant un programme de recherche et dotée par ses tutelles de personnels et de ressources pour le conduire2.

Ces traditions ne doivent pas être confondues avec les étapes d’une structuration, le destin des directions d’études n’étant nullement de constituer des centres, ni celui des centres de se muer en laboratoires. Elles sont porteuses de modalités d’organisation et de coopération scientifique qui peuvent être en tension ou s’articuler sous forme de strates coordonnées : un laboratoire peut associer des centres bénéficiant d’une reconnaissance scientifique autonome et accueillir des chaires. La genèse et l’évolution des unités de recherche existantes montrent la grande variété des combinaisons mobilisées pour créer les conditions favorables au développement des projets scientifiques, sans se traduire par des termes stabilisés. Ainsi le terme équipe peut-il désigner une forme simple de coopération autour d’une chaire ou une unité de recherche constituée, la notion de centre peut s’appliquer à des ensembles larges ou à des groupes restreints, mieux, des centres peuvent contenir d’autres centres. Sans ces repères terminologiques, seule une approche par unité de recherche permet de comprendre comment l’aventure institutionnelle soutient et traduit le projet scientifique. L’analyse des mutations du Centre Inde de l’EHESS par Catherine Clémentin-Ojha et celle du développement des études indiennes à l’EPHE VIe section de 1957-1960 par Roland Lardinois montrent comment les formes organisationnelles anticipent ou accompagnent la constitution et le renouvellement de champs de recherche3.

Sous leur forme pérenne, les chaires ont disparu de l’université française, mais subsistent à l’EPHE et à l’EHESS sous forme de directions d’études et de maîtrises de conférences, leurs titulaires n’en rejoignant pas moins des centres ou des laboratoires. Les centres ont été normalisés sous forme d’unités propres de recherche, intégrés dans des unités mixtes de recherche ou apparus sous forme d’équipe interne proposant une programmation scientifique spécifique. Les laboratoires reconnus pour la plupart unités mixtes de recherche ont acquis une capacité d’orienter et de gérer des équipes de recherche pérennes ou sur projet en s’attachant à maintenir des enjeux scientifiques communs.

L’une des spécificités de l’EHESS est de disposer depuis sa création d’instances collectives de débat pour penser globalement ces recompositions : l’Assemblée des enseignants lors du recrutement des directions d’études et des maîtrises de conférences, le Conseil scientifique pour les centres et les laboratoires. L’établissement demeure en dernier ressort le lieu d’orientation d’une politique scientifique et de son organisation. Il dispose de la capacité par ses ressources institutionnelles et financières de conduire des évaluations des centres de recherche, d’associer ou de définir une typologie des disciplines par l’instauration de divisions4, de créer des projets, des programmes ou des invitations de chercheurs propres à renouveler les champs d’analyse. L’École n’en est pas moins soumise aux évolutions générales qui concernent l’ensemble de l’enseignement supérieur et de la recherche, d’autant qu’elle est conçue dès l’origine comme un lieu de coopération tant au plan national qu’international et qu’elle entretient depuis la période de la VIe section une relation étroite avec le CNRS et partage des laboratoires avec des écoles et des universités.

De l’influence des politiques publiques d’enseignement supérieur et de recherche

Si l’EHESS a pu se donner un espace d’initiatives et adopter de façon concertée des réponses aux mouvements scientifiques nationaux et internationaux, elle devait aussi s’adapter aux politiques de l’enseignement supérieur et de la recherche, notamment celles qui façonnent progressivement son organisation par la contractualisation des établissements d’enseignement supérieur et la formalisation des accords entre les établissements tutelles des laboratoires de recherche. Les politiques publiques introduisent rarement des ruptures, elles orientent les débats et les décisions, elles diffusent des normes organisationnelles et se consolident progressivement en introduisant au sein des établissements les tensions dont elles sont porteuses5.

Contractualisation des établissements d’enseignement supérieur et organisation de la recherche

La Mission puis Direction de la Recherche du ministère de l’Éducation nationale lance à partir de 1982 une pratique nouvelle : la préparation de contrats pluriannuels – 3 ou 4 ans - fixant « les moyens attribués par l’État au titre de la recherche après examen critique des objectifs proposés par les établissements », les moyens étant fournis par le ministère de la Recherche et de la Technologie6.  Ainsi, le Conseil scientifique de l'École débat dès février 1982 d’un « contrat programme avec le ministère de la Recherche et de la Technologie pour 19827 ».

La « loi Savary » sur l’enseignement supérieur du 26 janvier 1984 ouvre la possibilité d’une contractualisation des activités de formation et de recherche des universités8, qui porte son attention sur la recherche, puis sur l’ensemble de l’établissement. En 1988 le ministre de l’Éducation nationale Lionel Jospin dote l’administration centrale, sur la suggestion de son conseiller spécial Claude Allègre, d’une direction de la programmation et du développement universitaire (DPDU) pour élaborer des procédures d’évaluation et de contractualisation9. La contractualisation sur quatre ans concerne l’ensemble des domaines de financement, l’investissement dans le cadre du plan de construction U 2000 ou le fonctionnement et l’enseignement de la recherche, y compris l’attribution d’emplois. Après le changement de majorité en 1993, les emplois disparaissent du champ de la contractualisation, mais les contrats État-université, bien qu’affaiblis, sont préservés. Le gouvernement de Lionel Jospin (1997-2002) relance une nouvelle phase de contractualisation en 1998 et réintégre l’ensemble des possibilités de financement dans les contrats. Les contrats quadriennaux État-université définissent une clef de répartition détaillée des financements pluriannuels qui précise la dotation de chaque unité de recherche ou programme présenté par l’établissement. Les financements attribués aux unités de recherche par les établissements d’enseignement supérieur dépendent ainsi de leur reconnaissance, et d’une évaluation au plan national établie par le ministère en fonction des avis de ses services et des organismes de recherche. Pour autant les universités, et l’EHESS en particulier, disposent, outre de financements incitatifs10, de ressources déterminantes, l’affectation des emplois et l’attribution des locaux, apports d’autant plus décisifs que la recherche contractuelle devient une source de financement complémentaire et régulière. Le Conseil scientifique de l’École débat périodiquement des projets de contrats, par exemple quadriennal en novembre 1991 et biennal en 1996-1997. À partir de 1998, les contrats État-EHESS s’enchaînent avec régularité : 1998-2001, 2002-2005, 2006-2009, 2009-2013, 2014-2018, 2019-2023.

La loi relative aux libertés et responsabilités des universités du 10 août 2007 (LRU) s’applique pleinement à l’EHESS lorsque celle-ci obtient de l’État le passage aux responsabilités et compétences élargies (RCE) en 201211. Elle donne à l’établissement la maîtrise de sa masse salariale et la gestion de ses emplois et accroît les prérogatives de la présidence et du conseil d’administration sur l’utilisation de la subvention pour charge de service public fixée par l’État pour la durée du contrat. Le renforcement de l’autonomie des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, qui annonce la politique de regroupements, transforme les relations entre les unités de recherche et leurs tutelles en donnant un poids accru aux négociations et conventionnements entre établissements et encourage une plus forte coordination des politiques scientifiques12.

Association des établissement et normalisation des unités de recherche

La politique d’association du CNRS avec les équipes de recherche universitaires commence dès 1966 et se traduit par l’attribution de postes d’appui à la recherche ou de crédits dans les équipes de recherches associées (ERA). Cette politique concerne en particulier la VIe section de l’EPHE – notamment en 1967, avec le Centre de Mathématiques Sociales (CMS), puis en 1968, avec le Centre d’études indiennes de sciences sociales (CEISS) –, puis l’EHESS puisqu’une convention de partenariat avec le CNRS est signée en juillet 1978 et que la même année le Centre de recherches historiques (CRH) est reconnu comme laboratoire mixte13. La mixité des unités de recherche leur impose de trouver un équilibre entre les conceptions et formes d’organisation scientifique distinctes développées par leurs tutelles avec des tensions entre une approche par objet et une approche par disciplines14.

En 1984, la « loi Savary » sur l’enseignement supérieur affiche une politique publique favorable aux associations entre des unités de recherche des universités et des organismes publics de recherche15. Le CNRS abandonne la notion d’équipe de recherche associée pour lui préférer celle d’unité associée (UA) puis, en 1987, d’unité de recherche associée (URA) dont la reconnaissance vaut possibilité d’affectation de personnels de recherche. En 1993, le CNRS est encouragé par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (MESR) à s’engager dans le processus de contractualisation des universités. Il est ainsi conduit à redéfinir ses structures opérationnelles de recherche en généralisant la forme unité mixte de recherche (UMR) jusqu’alors utilisée avec des organismes ou des entreprises16. Au rythme des contrats d’établissement, de nouvelles associations sont transformées ou mises en place sous forme d’UMR. Les équipes demeurant sous la responsabilité des universités, à l’époque désignées par le terme générique d’équipes d’accueil (EA), peuvent être à partir de 1996 associées pour partie au CNRS17.

Les normes appliquées à la reconnaissance des centres de recherche par le CNRS évoluent en fonction de ses priorités thématiques, disciplinaires, organisationnelles et s’exercent avec d’autant plus d’influence qu’il est le seul à évaluer les unités dont il assure la tutelle18. À ce titre le CNRS devient à partir de 1995 et pour un temps cosignataire du contrat entre l’État et les universités19. Au fil des contrats avec le ministère et des conventions avec les organismes, les établissements sont encouragés à réduire le nombre d’unités de recherche, notamment en sciences humaines et sociales, par des regroupements thématiques ou disciplinaires. Dans un second temps, avec un objectif déclaré de simplification, les tutelles universitaires seront distinguées entre tutelles principales et secondaires ou simplement associées, responsables de la gestion ou non. Ces dispositions d’ordre statutaire et administratif fondées sur la contribution par la mise à disposition de personnel et de financement consentie par les tutelles engagent l’avenir des recrutements et déterminent la destinée scientifique des laboratoires. Ainsi, chaque contrat signé avec le ministère, influencé ou non par des regroupements d’établissements et préparé par des discussions avec le CNRS, engendre des inflexions dans l’organisation, les modes de gouvernement et de gestion, les coopérations et in fine l’activité scientifique des unités20.

Les périodes de préparation des évaluations et des contractualisations font apparaître avec une particulière acuité l’imposition de normes tant dans la présentation de l’activité scientifique que dans son pilotage et son organisation au sein des unités de recherche, d’autant qu’elles mettent l’accent sur les notions privilégiées par les administrations qui conduisent la négociation et les arbitrages et apparaissent comme le prix à payer de leur engagement pluriannuel. Examiner les effets de normalisation à travers l’histoire singulière des équipes, centres ou laboratoires de recherche – comme l’a autorisé l’anniversaire des 50 ans de l’EHESS – permet d’isoler plusieurs dimensions.

  • La première, particulièrement visible et toujours renouvelée, propose aux établissements d’enseignement supérieur et aux collectifs de recherche spécifiques une organisation générique (ERA, URA, UMR, EA) appelée à devenir la référence d’une reconnaissance.
  • Une seconde dimension traduit l’organisation et les priorités scientifiques des institutions, organismes et établissements signataires.
  • Enfin la troisième dimension préside à la mise à disposition de chercheurs, d’ingénieurs et d’affectation de ressources financières dépendant des politiques de chacune des parties et pouvant être décorrélée des engagements conventionnels ou contractuels21.

La pluralité de ces dimensions fait du cadre normatif autant qu’une contrainte un point d’appui pour les initiatives scientifiques.

J’ai pu prendre connaissance du « Rapport sur le rôle des centres de recherche et de formation dans la politique scientifique et pédagogique de l’EHESS » présenté au Conseil scientifique du 22 octobre 2019 et des dossiers des UMR destinés au Haut conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCERES) lors des dernières campagnes. Ces documents confirment la variété des processus de constitution des unités et l’importance des recompositions conduites par négociations entre tutelles, un récit des organisations qu’il faut compléter par une prise en compte des mouvements de mobilité des enseignants-chercheurs et chercheurs, parfois à l’intérieur de l’École.

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    1

    Docteur en sociologie, maître-assistant puis maître de conférences de sociologie, enfin ingénieur de recherche, Philippe Casella a exercé des fonctions de direction au ministère chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche pour le secteur sciences humaines et sociales de 2000 à 2009. De 2009 à 2017, il a été directeur du développement de la recherche à l’EHESS et a participé aux dispositifs des investissements d’avenir. Son activité de recherche s’attache à la construction sociale et familiale des parcours professionnels associant le salariat à l’indépendance, puis à la genèse de la politique publique d’apprentissage et de formation professionnelle en France.

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    2

    Pour les deux premiers centres de la VIe section, voir par exemple les études disponibles sur le Centre de recherches historiques (Giuliana Gemelli, Fernand Braudel, Paris, Odile Jacob, 1995, p. 283-288 et 290) et sur le Centre d’études économiques (Giuliana Gemelli, Fernand Braudel, Paris, Odile Jacob, 1995, p. 302-314, puis Serge Benest, Recomposition de l’ordre disciplinaire et analyse des faits économiques : le cas de la VIe Section et de l’École des hautes études en sciences sociales, thèse de doctorat en économie, Cachan, université Paris-Saclay, 5 mars 2019).

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    3

    Voir Catherine Clémentin-Ojha et Roland Lardinois , « " Inde" : le destin d’une aire culturelle dans l’École (1957-2023) » Dans Pierre-Antoine, Fabre (dir.), « Une histoire : l’École des hautes études en sciences sociales », Politika, mis en ligne le 17/11/2025, consulté le 08/12/2025.

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    4

    L’adoption dans la phase de la VIe section de l’EPHE de divisions pour présenter les séminaires ou les centres met au jour l’intensité des débats sur la nature des projets scientifiques entre disciplines ou entre objets de recherche et disciplines comme en témoignent les origines du CIRED (Christophe Cassen & Antoine Missemer, « La structuration de l’économie de l’environnement et du développement en France : le cas du CIRED (1968-1986) », Œconomia, vol. 10, n° 1, 2020, p. 27-55) ou des études littéraires (Lucile Dumont, « De la sociologie aux théories littéraires. Ancrages disciplinaires de la littérature à la VIe section de l’EPHE (1956-1975) », [en ligne], Biens symboliques, Symbolic Goods, n° 3, 2018).

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    5

    La politique favorable à la recherche contractuelle illustre parfaitement cette internalisation des tensions, et mériterait un développement propre pour rendre compte des pratiques successives de l’EHESS.

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    6

    Bernard Decomps, « Le soutien à la recherche universitaire », L’Atelier du Centre de recherches historiques, n° 23 bis, 2021. Le chef de la Mission de la Recherche de 1982 à 1986 est Joseph Goy, jusque-là directeur du Centre de recherches historiques de l’EHESS.

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    7

    Archives de l’EHESS. Le Service des archives a mis au point une base de données des thèmes abordés par les différents Conseils scientifiques.

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    8

    Article 20 de la loi n°84-52 du 26 janvier 1984 : « Leurs activités de formation, de recherche et de documentation peuvent faire l'objet de contrats d'établissement pluriannuels dans le cadre de la carte des formations supérieures définie à l'article 19. Ces contrats fixent certaines obligations des établissements et prévoient les moyens et emplois correspondants pouvant être mis à leur disposition par l'État. L'attribution de ces moyens s'effectue annuellement dans les limites prévues par la loi de finances. Les établissements rendent compte périodiquement de l'exécution de leurs engagements ; leurs rapports sont soumis au comité national d'évaluation prévu à l'article 65. »

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    9

    Christine Musselin, « Armand Frémont et la politique de contractualisation avec les universités : un tournant majeur dans l’histoire universitaire française », in Antoine Frémont et Robert Hérin (dir.), Un Géographe dans le siècle. Hommage à Armand Frémont, Caen, Presses universitaires de Caen, 2022, p. 283-288.

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    10

    Les établissements peuvent prélever sur la dotation des unités un « Bonus Qualité Recherche », dont ils ont la maîtrise.

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    11

    Le Conseil d’administration de l'EHESS vote, le 20 mai 2010, en faveur du passage aux responsabilités et compétences élargies (RCE) qui se fera au 1er janvier 2012.

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    12

    La coordination entre les instances de l’établissement et les unités de recherche est aussi la conséquence de l’accroissement de leur taille et se manifeste par un affaiblissement des composantes intermédiaires, telles que les divisions à l’EHESS et le R des unités de formation et de recherche (UFR) dans les universités.

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    13

    Voir sur ce point, aux Archives de l’EHESS, l’inventaire du fonds Marc Barbut à propos de la convention entre le CNRS et l'EHESS relative au Centre de recherches historiques (CRH) devenu laboratoire mixte en 1978, et la base de données des séances du Conseil scientifique.

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    14

    Voir dans cet atelier l’article de Catherine Clémentin-Ojha et Roland Lardinois , « "Inde" : le destin d’une aire culturelle dans l’École (1957-2023) » Dans Pierre-Antoine, Fabre (dir.), « Une histoire : l’École des hautes études en sciences sociales », Politika; et Lucile Dumont, « De la sociologie aux théories littéraires. Ancrages disciplinaires de la littérature à la VIe section de l’EPHE (1956-1975) », [en ligne], Biens symboliques, Symbolic Goods, n° 3, 2018.

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    15

    Article 6 de la loi n°84-52 du 26 janvier 1984 sur l'enseignement supérieur : [Le service public de l'enseignement supérieur] « améliore le potentiel scientifique de la nation en encourageant les travaux des jeunes chercheurs et de nouvelles équipes en même temps que ceux des formations confirmées, en favorisant les rapprochements entre équipes relevant de disciplines complémentaires ou d'établissements différents, en développant diverses formes d'association avec les grands organismes publics de recherche, en menant une politique de coopération et de progrès avec la recherche industrielle et l'ensemble des secteurs de la production ».

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    16

    La répartition des formes d’unité du CNRS en 1994 reflète ces inflexions : 238 UPR, 135 UMR, 1 107 URA ; Bernard Bigot, « Passerelle des sciences : la contractualisation tripartite », La Revue pour l’histoire du CNRS, n° 15, 2006.

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    17

    Sous le nom CNRS d’unité propre de recherche de l’enseignement supérieur associée (ESA), mais cette forme n’aura guère d’avenir.

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    18

    Avant la création de l’Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (AERES) par la loi de programme pour la recherche du 18 avril 2006, l’évaluation des unités repose sur la mission scientifique, technique et pédagogique (MSTP) puis Mission scientifique universitaire (MSU) du ministère qui s’attache principalement à l’évaluation des « équipes d’accueil », équipes strictement universitaires. Les UMR demeurent évaluées par le CNRS. L’AERES sera remplacée par le Haut conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (HCERES) en novembre 2014.

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    19

    Bernard Bigot, « Passerelle des sciences : la contractualisation tripartite », Revue pour l’histoire du CNRS, n° 15, 2006.

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    20

    Voir dans le présent Atelier les entretiens avec Danièle Hervieu-Léger ,Gérard Lenclud « L’EHESS et le CNRS : une histoire vieille comme l’après-guerre » Dans Pierre-Antoine, Fabre (dir.), « Une histoire : l’École des hautes études en sciences sociales », Politika ; auxquels est joint le contrat rénové EHESS-CNRS signé le 19 décembre 2005 qui a été « annexé au volet recherche du contrat quadriennal 2006-2009 de développement de l’EHESS » signé in fine par le MENESR.

    Pour citer cette publication

    Philippe Casella, « L’organisation de la recherche à l’EHESS   » Dans Pierre-AntoineFabre et Patrick Fridenson (dir.), « Une histoire : l’École des hautes études en sciences sociales », Politika, mis en ligne le 01/07/2026, consulté le 03/07/2026 ;

    URL : https://politika.io/index.php/fr/article/lorganisation-recherche-a-lehess